Kenya: la justice ordonne au Parlement de faire respecter la parité en son sein

Au Kenya, le Parlement risque d’être dissous s’il ne vote pas des lois permettant l’augmentation du nombre de femmes dans les deux Chambres d’ici deux mois. C’est l’objet d’une décision de la Haute Cour datée du 29 mars. La juridiction avait été saisie par plusieurs associations de défense des droits de l’homme.

Une vue générale du Parlement kényan à Nairobi, le 26 mars 2015.

La Constitution kényane de 2010 stipule qu’un genre ne peut représenter plus de deux tiers du Parlement. Un principe qui devait être transposé dans la loi avant 2015. Or le vote du texte a été repoussé et boycotté à plusieurs reprises par des parlementaires à 80% masculins.

Pour la Haute Cour, c’est une violation de la Constitution. Dans sa décision, le juge Mativo précise que si aucune mesure n’est prise d’ici deux mois, « le public pourra saisir le président de la Cour suprême qui instruira le président de la République de dissoudre le Parlement ».

Pour les associations de défense des droits de l’homme, c’est une victoire. « Cela va faire réagir les parlementaires », confie Victor Kamau, leur avocat. Si cette loi n’était pas votée, le prochain Parlement serait illégitime.

Mais pour Diana Gichengo, de la commission kényane des droits de l’homme, la décision est tardive. Les primaires des partis en vue des élections générales d’août prochain débutent bientôt.

Il reste donc peu de temps pour les pousser à respecter le principe des 2/3 sur leurs listes et rattraper le retard du Kenya en matière de parité dans la région. Avec seulement 86 femmes sur 418 parlementaires, le pays est loin derrière le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda.

Rfi.fr