Kenya: nouvelles violences en marge des manifestations de l’opposition

Au Kenya, la mobilisation de l’opposition continue malgré un récent arrêt du gouvernement interdisant les rassemblements dans les grandes villes. Raila Odinga, qui s’est retiré de la course à la présidentielle, appelle maintenant ses partisans à manifester quotidiennement. Il demande une réforme de la Commission électorale et l’annulation de l’élection présidentielle prévue le 26 octobre. Un mouvement diversement suivi dans le pays lundi 16 octobre, et une nouvelle fois émaillé de violences.

La manifestation de la Nasa, la coalition de l’opposition kényane, dispersée par des gaz lacrymogènes, à Nairobi, le 16 octobre 2017.

Un jeune homme de 18 ans a été tué par balle à Kisumu lundi, en marge d’affrontements entre les manifestants et la police. Il a été porté à la morgue de l’hôpital principal de la ville. Un décès de plus dans le bastion de Raila Odinga, à l’ouest du pays, alors que les dénonciations des violences policières se multiplient.

La marche avait pourtant bien commencé, des centaines de manifestants, guidés par le gouverneur du comté, Peter Anyang’ Nyong’o, s’étaient dans un premier temps rassemblés devant le bâtiment de la Commission électorale, malgré l’interdiction du gouvernement. Sur les pancartes, ces mots : « Pas de réforme, pas d’élection ». A Mombasa, deuxième ville du pays, de nombreux magasins avaient fermé leurs portes et les partisans de l’opposition ont une nouvelle fois été dispersés à coup de gaz lacrymogènes.

Même scénario à Nairobi, où le mouvement semblait s’essouffler face à une importante présence policière dans tout le centre-ville.

A dix jours de l’élection, gouvernement et opposition refusent tout compromis. Pour Uhuru Kenyatta, ces rassemblements ont pour seul but de créer le chaos dans le pays, tandis que Raila Odinga appelle les Kényans à revendiquer leur droit à manifester.

Rfi.fr