L’armée syrienne remet un pied à Palmyre

L’armée syrienne et ses alliés sont entrés mercredi soir dans la ville de Palmyre, dans le centre de la Syrie, après de violents affrontements avec les combattants du groupe Etat islamique. En l’espace de trois ans, la cité antique, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, a changé quatre fois de main. Les jihadistes y ont détruit les plus beaux temples et endommagé d’autres sites datant de deux millénaires.
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Des soldats syriens dans les ruines du temple de Bel, à Palmyre, le 1er avril 2016. REUTERS/Omar Sanadiki

Les combats se sont poursuivis toute la nuit dans la partie résidentielle de la ville, située dans le prolongement nord de la cité antique. L’armée syrienne et le Hezbollah libanais, appuyés par l’aviation et des unités spéciales russes, sont entrés par l’ouest et le nord-ouest. A l’intérieur de la ville, les jihadistes mènent un combat d’arrière-garde, car la bataille est déjà perdue pour eux, depuis que les troupes gouvernementales syriennes ont pris les montagnes de Hayal et de Tar, surplombant Palmyre.

Les jihadistes opposent une plus grande résistance dans la partie orientale de la ville et à l’aéroport, situé à l’est de la cité. Mais ils sont dans l’impossibilité d’organiser une contre-attaque. Ils ont retiré le gros de leurs forces vers le désert syrien ou vers la ville de Sokhna, à mi-chemin entre Palmyre et Deir Ezzor, à la frontière avec l’Irak.

La contre-offensive pour reprendre Palmyre a duré deux mois. Elle a mobilisé de gros moyens et d’importants effectifs de l’armée syrienne et du Hezbollah libanais.

Les rebelles à l’action près d’Alep

Un autre front est actif, à l’est d’Alep, où des rebelles syriens soutenus par la Turquie ont pris mercredi deux villages aux forces kurdes appuyées par Washington.

Ce développement intervient 24 après l’annonce par le président turc, Recep Tayyeb Erdogan, que sa prochaine cible serait la ville de Manbij, tenue par les forces kurdo-arabes. Les deux villages se trouvent d’ailleurs sur la route de Manbij, qui est un verrou important avant Raqqa, la capitale autoproclamée du groupe Etat islamique.

L’attaque de l’armée turque et de ses alliés syriens, mercredi, est une sorte de test pour voir comment réagiraient les forces kurdes et leur allié américain. Les Kurdes ont opposé peu de résistance, mais la vraie bataille n’a pas encore commencé.

Paul Khalifeh
Correspondant dans la région, Rfi.fr