Législatives en Arménie: le pari du président Sarkissian

L’Arménie vote ce dimanche 2 avril pour ses élections législatives. Cinq partis et 4 coalitions sont en lice pour les 101 sièges du Parlement. Ce sont les premières législatives depuis la réforme constitutionnelle controversée de 2015. Le parti qui en sortira vainqueur prendra, de fait, le contrôle des pouvoirs exécutif et législatif.

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Le président Serge Sarkissian pourrait continuer à présider aux destinées de son pays après 2018 et la fin de
son mandat si sa formation remporte les élections.

Il y a un an et demi, l’Arménie a décidé de devenir une République parlementaire. La réforme adoptée par référendum réduit les pouvoirs de l’exécutif au profit du législatif. Elle doit entrer en vigueur dans un an, à l’issue du mandat du président Serge Sarkissian.

L’opposition y a vu un tour de passe-passe du chef de l’Etat. Selon ses détracteurs, Sarkissian pourrait continuer de présider aux destinées de son pays au-delà de 2018, en prenant alors la direction de sa formation politique, dont il espère qu’elle remportera les élections de ce dimanche.

Le Parti républicain au pouvoir devrait gagner une majorité de voix, selon les experts. Mais il sera sans doute obligé de s’allier à une coalition de partis d’opposition menée par l’un des oligarques les plus riches du pays, Gaguik Tsaroukian. Celui-ci a fait campagne en attaquant le gouvernement sur son incapacité à lutter contre la pauvreté et la corruption.

L’opposition soupçonne le pouvoir d’orchestrer des fraudes massives. Serge Sarkissian s’en défend et souligne les « énormes efforts » fournis « pour que le vote soit impeccable ». Il y a huit ans, la présidentielle remportée par l’actuel chef de l’Etat avait donné lieu à de violents affrontements entre la police et l’opposition. Ils avaient fait 10 morts.

Rfi.fr