Législatives en Arménie: le parti présidentiel en tête d’un scrutin contesté

En Arménie, le Parti républicain au pouvoir a remporté les élections législatives avec autour de 50% des suffrages, selon des résultats encore partiels. Un score qui devrait permettre au président Serge Sarkissian de jouer un rôle important dans la politique arménienne après l’expiration de son mandat dans un an.

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Le président Serge Sarkissian dépose son bulletin pour les législatives, le 2 avril à Erevan.

Le Parti républicain d’Arménie sera-t-il en mesure de former un gouvernement ? Selon des résultats encore partiels, le parti présidentiel arriverait très largement en tête des législatives de ce dimanche 2 avril. Mais peut-être insuffisamment pour obtenir les 54% des voix qui, selon le système complexe prévu par la nouvelle législation électorale, sont nécessaires pour pouvoir former le gouvernement, explique notre correspondant dans la région, Régis Genté.

L’opposition arménienne dénonce ces élections législatives comme une manœuvre destinée à permettre à Serge Sarkissian, à la tête du pays depuis 2008, de se maintenir au pouvoir. Avec la victoire de son parti, le chef de l’Etat pourrait devenir celui de la majorité parlementaire, voire prendre la tête du gouvernement à l’issue de son mandat en avril 2018, et ce alors qu’il ne pourra pas se représenter.

En vertu d’une réforme constitutionnelle adoptée il y a un an et demi et qui entrera en vigueur l’an prochain, l’Arménie doit se transformer en République parlementaire. Le Premier ministre verra ses pouvoirs renforcés au détriment de ceux du président.

L’opposition a d’ores et déjà dénoncé des fraudes. A la mi-journée, le ministère de l’Intérieur avait reçu 320 plaintes pour violations des procédures du vote. Déjà, durant la campagne, la délégation de l’Union européenne en Arménie et l’ambassade des Etats-Unis avaient souligné dans un communiqué commun leur « inquiétude face aux informations faisant état d’intimidation des électeurs, d’achat de votes, et de l’utilisation des ressources de l’administration en faveur de certains partis ». Et encore une semaine avant l’élection, le journal quotidien Hraparak prévenait : « Qu’importe que les élections soient propres ou pas, personne ne croira qu’elles n’ont pas été truquées ».

Rfi.fr