Législatives: Manuel Valls veut être candidat d’En marche!, le parti temporise

L’ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls a annoncé ce mardi 9 mai qu’il serait « candidat de la majorité présidentielle » à Evry (Essonne), aux élections législatives de juin, indiquant qu’il souhaitait s’ « inscrire » dans le mouvement du président élu Emmanuel Macron. Cependant, juste après cette annonce, le porte-parole du nouveau parti, Benjamin Griveaux, a assuré que Manuel Valls « n’avait pas été investi ».

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Manuel Valls veut être candidat sous l’étiquette La République en marche à Evry, dans l’Essonne.

Manuel Valls l’a clamé haut et fort ce mardi : « Ce Parti socialiste est mort. Il est derrière nous, pas son histoire et ses valeurs, mais il doit se dépasser. » L’ancien Premier ministre a donc décidé d’annoncer sa candidature aux élections législatives sous l’étiquette de la majorité présidentielle, « La République en marche ».

« Je ne suis pas en embuscade, je veux la réussite d’Emmanuel Macron, s’est justifié Manuel Valls sur RTL. Comme j’invite d’ailleurs tous les députés sortants, les progressistes, ceux qui ont appelé à voter Emmanuel Macron avant le premier tour, ceux qui souhaitaient sa victoire, moi je serai candidat de la majorité présidentielle, et souhaite m’inscrire dans ce mouvement qui est le sien, La République en marche », a déclaré celui qui est redevenu député à Evry après sa démission du gouvernement en décembre.

« Nous sommes dans un moment majeur. Parlons franchement, nous nous retrouvons dans la plupart des propositions du projet qu’Emmanuel Macron porte, oui ou non? Oui, a-t-il souligné. Aujourd’hui, l’essentiel c’est de donner une majorité large et cohérente (…) à Emmanuel Macron pour qu’il puisse gouverner. »

La réponse cinglante de Benjamin Griveaux, porte-parole d’En marche !

Réagissant quelques minutes plus tard sur Europe 1, Benjamin Griveaux, porte-parole d’En marche !, a précisé que l’ancien Premier ministre n’avait pas été investi par la commission nationale d’investiture, « ou alors sa candidature m’a échappée », a-t-il ironisé. « La bannière sur laquelle les candidats aux législatives iront s’appelle La République en marche (…) la procédure est la même pour tout le monde, il lui reste 24 heures », a-t-il ajouté.

Christophe Castaner, le porte-parole d’Emmanuel Macron durant la campagne, a lui admis que Manuel Valls avait des chances d’être investi, mais qu’il se trompait en affirmant qu’il sera à coup sûr candidat du parti.

Nous allons extrêmement attentifs à ce qui est une sincérité de soutien et une formidable cohérence et cohésion autour de ce projet, ou une opération de calcul que nous n’acceptons pas
Pour En marche !, un soutien ne vaut pas investitureJean-Paul Delevoye, le président de la commission nationale d’investiture d’En Marche !09/05/2017 – par BFMÉcouter

La République en marche, nouveau nom du mouvement En marche !, doit présenter jeudi la liste de ses 577 candidats investis pour les élections législatives. A ce stade, selon le président de la commission d’investiture Jean-Paul Delevoye, les noms de 500 candidats ont été arrêtés.

Le Parti socialiste loin d’être surpris

S’il est pour l’instant difficile de savoir si cette demande de Manuel Valls va aboutir, l’annonce est bien loin d’être perçue comme un coup de tonnerre au Parti socialiste. Les amis de Benoît Hamon avaient d’ailleurs prévu de mettre le cas Valls au menu du bureau national du PS ce mardi matin. « On ne va pas se laisser marcher sur les pieds », avertit ainsi un socialiste.

Absent de la réunion, Benoît Hamon a fait une demande claire : pas d’investiture du parti pour celui qui l’a lâché en pleine campagne. Quoiqu’il arrive, il n’y aurait pas eu beaucoup de monde pour défendre l’ancien Premier ministre. Même ses amis n’avaient pas compris, et encore moins défendu, son coup d’éclat pro-Macron durant la campagne. « Il était si simple de simplement se taire », soupirait encore la semaine dernière un de ses proches. Pour beaucoup de socialistes, l’annonce de Manuel Valls ce matin est « un non-événement », comme le formule le patron du groupe PS à l’Assemblée nationale, Olivier Faure, qui ajoute que Manuel Vals est en rupture avec le PS. « Il est désormais dans une forme de no man’s land, il continue sa propre route politique », dit-il.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a pour sa part souligné qu’il était « impossible » pour Manuel Valls d’avoir à la fois sa carte d’adhérent au PS et de briguer l’investiture En Marche! aux législatives. Si ceux qui visent une double appartenance « veulent s’affirmer contre le gouvernement alors qu’il n’est pas encore constitué, qu’ils restent au Parti socialiste. S’ils veulent faire autre chose, qu’ils le disent, mais ça ne représente que 5% du Parti socialiste (…). Si certains veulent partir ou se singulariser, qu’ils le fassent et nous laissent travailler », a insisté M. Cambadélis.

Rfi.fr