Liban: la baisse de l’aide américaine à l’UNRWA inquiète les réfugiés

Washington a gelé plus de la moitié de sa première contribution annuelle à l’UNRWA, l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens au Proche-Orient. Ceux du camp de Nahr El-Bared, dans le nord du Liban, craignent que cette baisse affecte leurs conditions de vie.

Avec notre envoyée spéciale au camp de Nahr El-Bared, Laure Stephan

media
Des réfugiés palestiniens manifestaent devant le siège de de l’UNRWA à Rafah pour de meilleures conditions de vie le 11 janvier 2018.

Plus de dix ans après avoir été le théâtre de violents combats entre l’armée libanaise et un groupuscule extrémiste, Nahr El-Bared ressemble toujours à un chantier. Seule la moitié des habitants ont été relogés, les autres attendent dans des préfabriqués insalubres ou des locations.

« Il n’y a pas de travail. On doit louer en attendant de retrouver nos maisons, et on ne reçoit plus d’aide pour cela. On est éloignés de notre ancienne vie, de nos familles », témoigne Fouad Asfour, un réfugié du camp.

Menée par l’UNRWA, la reconstruction est affectée par le manque de dons. Le retard renforce l’isolement de la communauté, déplore Mouna Al-Assi, une réfugiée. « Il y a aujourd’hui des problèmes de violence dans la rue qui n’existaient pas avant. La crise a cassé les gens et leurs sentiments, ils se contentent de vaquer à leur quotidien », raconte-elle.

Le chômage et la pauvreté ont explosé dans le camp. Même si ses services ont diminué, l’agence de l’ONU continue d’assurer l’éducation et de pourvoir des aides médicales. Une aide vitale, rappelle Omar Nabi, sans emploi. « L’UNRWA est financée par des pays donateurs. Les Etats-Unis apportaient une aide très importante jusqu’ici, et là, ce n’est pas le cas. Cela va affecter l’UNRWA. Jusqu’à quand sera-t-elle en mesure de nous aider ? », s’interroge la jeune femme.

Rfi.fr