Liban: violences meurtrières entre Fatah et islamistes au camp d’Aïn el-Héloué

Au Liban, le plus grand camp de réfugiés palestiniens, Aïn el-Héloué, près de la ville méridionale de Saida, est le théâtre, depuis vendredi 7 avril au soir, de violents combats entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et un groupe islamiste extrémiste. Le bilan s’élève à au moins 4 morts et une vingtaine de blessés.

Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

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Le camp de réfugiés d’Aïn el-Héloué, au Liban, théâtre d’affrontements, le 8 avril 2017. 

Les combats ont redoublé de violence dans la nuit de samedi à dimanche, dans les ruelles étroites du camp de Aïn el-Héloué, où s’entassent 80 000 personnes sur 2 kilomètres carrés. Des armes automatiques, des grenades et des lance-roquettes sont utilisés dans cette bataille qui oppose une alliance d’organisations palestiniennes regroupées autour du Fatah de Mahmoud Abbas, à un groupe islamiste extrémiste. Le chef de ce mouvement, Bilal Badr, est proche des jihadistes de l’ex-branche d’al-Qaïda en Syrie.

Les explosions et les rafales ont résonné dans la ville toute proche de Saïda. Aïn el-Héloué est souvent secoué par des affrontements, mais c’est la première fois que les combats durent aussi longtemps et sont aussi violents. Le Fatah et ses alliés ont lancé des assauts vers les quartiers contrôlés par les islamistes, qu’ils ont réussi à repousser dans une zone totalement encerclée. Des renforts ont été acheminés d’autres camps du Liban dans l’intention de mener la bataille jusqu’au bout contre les islamistes. Les entrées du camp sont bouclées par l’armée libanaise et les écoles sont restées fermées samedi.

Une partie d’Aïn el-Héloué, qui abrite aussi des milliers de Palestiniens qui ont fui la guerre en Syrie, est devenue un sanctuaire pour un grand nombre de prévenus islamistes libanais, palestiniens et syriens. Les autorités libanaises exigent qu’ils soient arrêtés et traduits en justice.

Rfi.fr