L’Irak et l’Arabie saoudite multiplient les signes de rapprochement

Un journal saoudien annonce la prochaine réouverture d’un poste-frontière entre l’Irak et l’Arabie saoudite, 27 ans après sa fermeture. Au même moment, Riyad et Bagdad disent vouloir créer une commission mixte pour le commerce. Ces annonces suivent une série de visites bilatérales. En toile de fond de ces efforts de rapprochement, il y a la lutte d’influence que l’Arabie saoudite et l’Irak se livrent dans la région.

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Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir reçu par le Premier ministre irakien
Haidar al-Abadi, à Bagdad, le 25 février 2017.

L’Arabie saoudite a coupé les ponts avec l’Irak lors de la première Guerre du Golfe en 1990. Mais la chute du dirigeant irakien Saddam Hussein en 2003 n’a pas permis de rapprocher les deux pays. A cette époque, l’Irak à majorité chiite s’est en effet rapproché de l’Iran, grand rival du royaume saoudien.

Depuis 2015 toutefois, Riyad multiplie les efforts pour tenter de retrouver de l’influence en Irak, ce voisin arabe avec lequel l’Arabie saoudite partage une immense frontière.

Le chef de la diplomatie saoudienne s’est rendu à Bagdad en début d’année. En juin, c’est le Premier ministre irakien qui était reçu à Riyad, suivi il y a quelques jours par Moqtada Sadr, figure incontournable de la scène politique irakienne.

L’enjeu pour l’Arabie saoudite est d’entretenir des liens politiques et économiques suffisamment forts avec l’Irak afin de ne pas abandonner celui-ci à la sphère d’influence iranienne.

Mais si un réchauffement semble possible entre Riyad et Bagdad, il ne présage en rien d’un apaisement des tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

Rfi.fr