L’ONU vote la fin de la mission des Casques bleus à Haïti

Les Nations unies ont annoncé la fin de leur mission en Haïti au mois d’octobre prochain. Après 13 ans de présence, les 2 370 casques bleus quitteront donc le pays, l’un des plus pauvres au monde. Les diplomates ont unanimement jugé que la mission avait été accomplie. L’ONU laissera pourtant un souvenir mitigé.

Avec notre correspondante à New YorkMarie Bourreau

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Des casques bleus de la Minustah monte la garde pendant que les membres du Conseil électoral provisoire (CEP)
fournissent du matériel électoral à Port-au-Prince, le 24 octobre 2015.

L’ONU ne quitte pas complètement le pays. Les principales agences humanitaires restent. Mais la Minustah, elle, verra tous ses effectifs militaires s’en aller et s’appellera, à compter du 15 octobre prochain, la « Minujusth », pour Mission des Nations unies pour le soutien de la justice en Haïti. Quelque 1 275 policiers viendront épauler les forces de l’ordre haïtiennes. Un nombre qui sera progressivement réduit lui aussi dans un délai de deux ans.

Le Conseil de sécurité a été soumis à une très forte pression de l’administration Trump pour réduire les coûts des opérations de maintien de la paix. Il a donc jugé que la Minustah avait accompli sa mission de stabilisation à travers l’élection d’un nouveau président. « C’est une success story », a même conclu la représentante américaine Nikki Haley.

Elle n’a pourtant pas éludé les scandales qui ont secoué la mission, accusée d’avoir importé le choléra en 2010. Une épidémie qui a fait plus de 9 000 morts. Elle s’est longuement attardée sur la question des abus sexuels qui ont entaché la réputation des casques bleus et créé une relation de défiance avec la population haïtienne. Si la Minustah est un modèle de mission réussie, elle restera donc aussi comme un exemple des dérives du maintien de la paix.

Rfi.fr