Malgré la crainte du terrorisme, l’Egypte a fêté presque normalement le Mawlid

En cette fin de semaine, des centaines de soufis, ainsi que des fidèles d’autres obédiences musulmanes, ont célébré dans toute l’Egypte la naissance du prophète Mahomet. Des festivités qui interviennent une semaine après l’attaque de la mosquée el-Rawda, dans le Nord-Sinaï, au cours de laquelle 305 personnes ont été tuées à l’arme d’assaut.

Avec notre correspondant au Caire,  François Hume-Ferkatadji

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Célébrations du Mawlid al-Nabawi, vendredi 1er décembre 2017 au Caire.

Malgré l’annulation de certains événements, les célébrations ont bien eu lieu. Célébrer l’anniversaire du prophète est vu comme une forme d’idolâtrie, une pratique répréhensible selon les interprétations les plus rigoristes de l’islam et selon les salafis jihadistes.

« J’ai peur pour mon pays et son avenir, pas pour ma situation personnelle »

Les Egyptiens fêtent le Mawlid: un reportage aussi à écouter02/12/2017 – par François Hume-FerkatadjiÉcouter

RFI s’est rendu devant la mosquée el-Hussein du Caire. Mouvements de tête de gauche, à droite, corps qui chaloupent, invocations et chants soufis… le parvis de la mosquée, tressée pour l’occasion de guirlandes vertes, aura été bien animé.

Loin, toutefois, des foules immenses et compactes des années précédentes. Car ce vendredi soir, il fallait faire une longue queue et passer par des portiques de sécurité afin de rentrer dans la zone placée sous haute sécurité.

Pour ce vendeur de confiseries, l’attaque de la semaine dernière est responsable des mauvaises ventes de la soirée. Mais, comme beaucoup, il ne craint pas pour sa sécurité. « Bien sûr, dit-il, j’ai peur pour mon pays et son avenir, mais pas pour ma situation personnelle, je ne me sens pas en danger. »

« Il n’y a que le groupe de moutons divisé qui peut se faire dévorer par le loup »

Malgré l’annulation de la procession, et l’absence des tentes soufis, les récitateurs de prières ont pris place sur une grande scène. Le cheikh Ahmed Shawki Mohamed, Coran à la reliure rouge en main, commente le drame de la semaine dernière qui a visé des soufis :

« Cette attaque a ciblé des soufis, mais je ne crois pas que c’était uniquement parce qu’ils étaient soufis, ils ont ciblé cet endroit pour créer des divisions, considère-t-il. Soufis, chiites, sunnites, peu importe, ils peuvent avoir des interprétations différentes, des rites particuliers, mais ils sont tous musulmans. »

Et de conclure : « seul un groupe de moutons divisés peut se faire dévorer par le loup. Si nous sommes tous unis pour faire face au terrorisme, on ne flanchera jamais. Parfois, Dieu met du temps à agir, mais il agit toujours. »

Rfi.fr