Mali: la révision constitutionnelle est-elle définitivement enterrée ?

La plateforme « Touche pas à ma Constitution », opposée au projet de révision constitutionnelle au Mali, crie victoire après que le président IBK a annoncé qu’il sursoit à statuer sur son référendum. Mais en réalité, ce projet est-il définitivement enterré ? Quelle sera la suite des événements ?

Le président Ibrahim Boubacar Keïta (ici le 15 août 2017 à son arrivée à Ouagadougou après l’attentat au restaurant Aziz-Istanbul) a décidé de surseoir à l’organisation d’un référendum constitutionnel au Mali. Il l’a annoncé dans la nuit du 18 au 19 août.

Lorsqu’on demande clairement au camp présidentiel si le projet de révision constitutionnelle est définitivement enterré, il y a d’abord, chez la plupart des interlocuteurs, un moment de silence suivi de la même réponse : « Le président a été clair. Il a décidé de surseoir au référendum et de privilégier le dialogue. » En clair, le projet ne retournera pas devant l’Assemblée sans de nouvelles consultations nationales.

D’ailleurs, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé des consultations inclusives avant toute nouvelle initiative référendaire. Les partis politiques, la société civile, les forces vives de la nation devraient prendre part à ce dialogue. Selon l’avis d’un expert, « tout ça prendra plusieurs mois. Or, dans un an, nous avons l’élection présidentielle. »

L’on s’interroge également sur les raisons qui ont poussé IBK à céder finalement à la plateforme. Il y a d’abord les rapports de force. Mais aussi les interventions des religieux, des chefs de quartier, le rôle du représentant de la mission de l’ONU Mahamat Saleh Annadif – qui a fait de nombreux va-et-vient entre les deux camps.

Rfi.fr