Maroc: démarrage des activités de la finance islamique

Les crédits «halal» et les comptes conformes à la loi islamique sont disponibles au  Maroc depuis ce mercredi. L’autorisation de la création de banques islamiques, dites «participatives»  avait été donnée au début de cette année par la Banque centrale marocaine, 10 ans après la Grande-Bretagne, plus de 5 ans après la France et 2 ans après la Côte d’Ivoire.

Le roi du Maroc Mohamed VI, à Rabat, le 22 mars 2017.

Cela faisait des mois qu’elles attendaient. Les 5 banques marocaines agréées peuvent proposer aux clients intéressés l’ouverture de comptes bancaires conformes à la finance islamique. Au début de la semaine, le Conseil supérieur des oulémas a donné le feu vert à la Banque centrale du Royaume.

Les établissements financiers agréés peuvent donc accorder des crédits « halal » depuis ce mercredi 26 juillet. Mais il s’agit d’un démarrage partiel, avec seulement l’ouverture de comptes bancaires, l’octroi de crédits immobiliers et automobile halal, appelés « Mourabaha ».

Les banques ne peuvent pas encore proposer des produits d’assurance. Et il manque encore les « sukuk », c’est-à-dire les obligations compatibles avec la  loi islamique. Cette finance « participative » interdit les investissements dans des secteurs considérés comme illicites : l’alcool, les paris sportifs, le tabac et la pornographie, ainsi que la pratique de l’intérêt et de la spéculation.

Deux des cinq banques « halal » ayant obtenu l’agrément ont d’ores et déjà annoncé le démarrage effectif de leurs activités ce mercredi. Les autres devraient suivre rapidement. Les perspectives de développement de la finance islamique sont importantes.

Selon l’agence américaine de notation Standard & Poor’s, la finance islamique pourrait représenter entre 10 et 20% du système bancaire marocain. L’activité de la finance participative représente aujourd’hui 2 000 milliards de dollars dans le monde, c’est l’équivalent du produit intérieur brut cumulé de quatre pays : l’Arabie saoudite, l’Iran, le Maroc et la Turquie. Et selon les experts, ce volume pourrait atteindre 4 000 milliards de dollars d’ici trois ans (en 2020).  

Rfi.fr