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Mer de Chine : Trump tonne, Xi réplique

La Maison Blanche a mis en garde Pékin contre ses velléités expansionnistes dans les eaux d'Asie du Sud-Est.

Le ping-pong Pékin-Washington est reparti de plus belle. Quatre jours après l’investiture de Donald Trump à la Maison Blanche, les deux premières puissances de la planète échangent déclarations fermes et coups de menton diplomatiques au sujet de la très convoitée mer de Chine méridionale, où une dizaine d’îles font l’objet de travaux de remblai et d’une militarisation par le régime chinois.

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Ce mardi, Pékin a rappelé son credo souverainiste en se disant «résolue à défendre ses droits» en mer de Chine méridionale. Car la veille, Sean Spicer, le nouveau porte-parole de la Maison Blanche, avait lancé un avertissement sur les conflits autour des îlots. «Si ces îles sont en fait dans les eaux internationales et ne font pas partie de la Chine proprement dite, alors oui, nous ferons en sorte de défendre les territoires internationaux pour qu’ils ne soient pas accaparés par un seul pays», indiquait Spicer lors de sa première conférence de presse.

«Porter atteinte à la paix»

Il y a deux semaines, lors de son audition devant le Sénat, préalable à sa nomination, le futur secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, avait menacé de «signifier [à Pékin] que les constructions sur les îles devaient cesser et que [son] accès à ces îles ne sera plus permis». La presse officielle chinoise avait immédiatement reproché à la nouvelle administration de vouloir provoquer un «affrontement militaire».

Par la voix de Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le régime de Xi Jinping a martelé ce mardi que la «souveraineté de [Pékin] sur les îles de mer de Chine méridionale et leurs eaux adjacentes était indiscutable». Avant d’ajouter que les Etats-Unis n’étaient pas partie prenante aux différends qui opposent le Vietnam, la Malaisie, Taiwan, Brunei, les Philippines et la Chine au sujet de plusieurs îlots dans l’archipel des Paracels et des Spratleys. «Nous demandons instamment aux Etats-Unis de respecter les faits, de parler et d’agir avec prudence afin d’éviter de porter atteinte à la paix et à la stabilité de la mer de Chine méridionale, a poursuivi Hua Chunying. Quels que soient les changements qui se produisent dans d’autres pays, ce qu’ils disent ou ce qu’ils veulent faire, la volonté de la Chine de protéger sa souveraineté et les droits maritimes ne changera pas.»

«Grand marché»

Provocation assumée, faux pas ou test stratégique ? L’administration Trump cherche probablement à prendre ses marques et la température tout en affichant de la fermeté. Cet échange d’avertissements et de mises en garde tranche en tout cas avec l’attentisme diplomatique d’Obama qui n’est pas parvenu à endiguer les conquêtes territoriales de la Chine dans les eaux de la région depuis 2014. Et le pivot vers l’Asie que Washington a enclenché à partir de 2009 a surtout consisté dans l’envoi de navires de guerre pour impressionner Pékin.

Aujourd’hui, Trump regarde la Chine comme un «grand marché pour les Etats-Unis» qui doit «marcher dans les deux sens». Au son du canon ?

Arnaud Vaulerin correspondant à Kyoto
Liberation
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