Le missile des Houthis tiré sur l’Arabie saoudite «fabriqué en Iran» selon Haley

Les Etats-Unis accusent une nouvelle fois l’Iran d’avoir fourni un missile aux rebelles houthis du Yémen. Ces derniers auraient ensuite lancé ce missile sur l’Arabie saoudite le 4 novembre dernier, a déclaré jeudi l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. Dans un hangar militaire, les Etats-Unis ont exposé jeudi pour la première fois des pièces présentées comme étant de l’armement iranien fourni aux milices chiites houthis au Yémen soutenues par l’Iran. L’Iran a toujours démenti avoir fourni de telles armes aux Houthis. Et dénonce, par la voix de sa mission aux Nations unies des preuves « fabriquées » par Washington.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

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L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, présente aux médias des pièces du missile qui aurait été tiré par les Houthis sur l’Arabie saoudite. 

Les Etats-Unis se sentent bien isolés dans leur combat contre l’Iran qu’ils accusent de soutenir le terrorisme international. Face aux Européens qui veulent avant tout sauver l’accord sur le nucléaire, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU, a donc choisi la manière forte.

Dans une volonté claire de montrer un dossier à charges contre Téhéran, elle a présenté hier ce qu’elle assure être des débris d’un missile tiré depuis le Yémen vers l’aéroport international de Riyad en Arabie saoudite. Ces éléments classés secret défense ont été déclassifiés, explique-t-elle, dans une logique de transparence et l’ambassadrice américaine d’inviter les journalistes, mais aussi les membres du Conseil de sécurité à juger de leurs propres yeux : « Vous allez voir ces armes, vous verrez qu’elles ont des marques partout qui montrent, sans le moindre doute, qu’elles sont fabriquées en Iran, envoyées par l’Iran et données par l’Iran. » L’Iran, ajoute-t-elle, « pense qu’il a tous les droits ».

« Ce missile a été fabriqué en Iran avant d’être envoyé à des rebelles houthis au Yémen », a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis. « Il a ensuite été tiré vers un aéroport civil, et aurait pu tuer des centaines de civils innocents en Arabie saoudite ».a-t-elle ajouté.

L’accusation n’est pas nouvelle. L’Arabie saoudite avait accusé les rebelles houthis d’avoir visé l’aéroport de Riyad. Les rebelles reconnaissent l’avoir tiré sur l’Arabie saoudite pour répondre aux bombardements massifs de l’aviation saoudienne sur les villes yéménites.

Reste que l’Iran, qui reconnaît soutenir politiquement la rébellion yéménite, dément une nouvelle fois avoir fourni des missiles aux rebelles yéménites.

L’ONU poursuit son enquête

Comment serait-ce possible, font-ils valoir, alors que l’espace terrestre maritime et aérien yéménite est soumis à un blocus quasi hermétique et surveillé constamment depuis 2015 par les alliés des Saoudiens, les Etats-Unis principalement.

« Une accusation que nous rejetons catégoriquement comme infondée, irresponsable, provocatrice et destructive », indique un communiqué de la mission iranienne aux Nations unies.

Les Nations unies qui indiquent pour leur part avoir inspecté des débris d’engins laissant penser qu’ils ont été fabriqués en Iran. Mais l’ONU précise aussi n’avoir pas été en mesure d’identifier le fournisseur des missiles ou encore les intermédiaires éventuels, et affirme poursuivre son enquête.

En attendant, sur Twitter, l’image de Nikki Haley devant le missile accolée à la photo de Colin Powell tenant une fiole censée contenir la preuve de la présence d’armes chimiques en Irak a été très largement diffusée…

Rfi.fr