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Mouvement de la danse contemporaine en Côte d’Ivoire : Des pas sûrs vers l’avant

© by (crédit photo : UPVA)

Le festival international de danse contemporaine et formation dénommé « Un Pas Vers l’Avant » s’est tenu du 2 au 12 septembre à Abidjan.

Cette 4ème édition a connu un grand engouement chez les danseurs ivoiriens et pour certains venus de la sous-région. La qualité et la technicité de la formation délivrée aux stagiaires était de mise vu le background du formateur : le chorégraphe Burkinabè Salia Sanou. La programmation des pièces en « in » a offert un riche tableau de la richesse de cette danse de création sur le continent avec ses collaborations dans le monde. Au vu de ces éléments et des perspectives annoncées, le constat est sans appel : ce festival initié par la compagnie Ange Aoussou gagne en rayonnement et marque de bons scores quant à son objectif de repositionner la danse ivoirienne et ses acteurs sur l’échiquier des rencontres chorégraphiques internationales. Des pas sûrs vers l’avant.

Cours de danse contemporaine
Le volet formation de Un Pas Vers l’Avant 2015 était sous la houlette de Salia Sanou, directeur du Centre de Développement Chorégraphique (CDC La Termitière) au Burkina Faso

35 stagiaires danseurs interprètes venant de la côte d’ivoire et de la sous région, 2 professeurs de chorégraphie à l’animation des ateliers , des chorégraphes africains et européens venus présenter leurs créations et un staff engagé. Telle a été la configuration de la 4ème édition du festival international de danse contemporaine et formation dénommé « Un Pas Vers l’Avant ». Dans son essence, ce projet fait de la formation une priorité. Ainsi, depuis ses débuts en 2012, des chorégraphes de renommée font le déplacement à Abidjan pour distiller leur savoir-faire à la communauté des jeunes danseurs interprètes et chorégraphes en Côte d’Ivoire. Le célèbre chorégraphe Burkinabè, Salia Sanou, était préposé à l’animation de l’atelier de formation de cette 4ème édition. Avec sagesse et don de soi, le vétéran de la danse africaine a transmis des techniques d’outillage chorégraphique aux stagiaires. « Nous avons travaillé sur la signification des mots « danse », « geste » et « mouvement », cherché à faire comprendre quel sens on donne à chaque élément du corps et de la scénographie une fois sur scène. On s’est attardé sur la composition et la décomposition du geste. La tâche a porté sur le regard, la critique, la discussion pour que chaque apprenant , chaque chorégraphe sorte muri de cet échange. Il est bon que tout pratiquant de cette discipline sache ses capacités sans arrêter de se remettre en question, de continuer d’être à l’écoute et au contact… », a expliqué le directeur de la compagnie Mouvements perpétuels basée à Montpellier (France). Avec Salia Sanou, le chorégraphe Ivoirien Marius Moguiba, basé à Rouen (France) donné aussi son enseignement aux stagiaires. Son travail en atelier a consisté en la mise en relief de l’énergie des danseurs. Ce genre de master class avait manqué à la corporation du temps de la crise.

Cours de danse contemporaine
Au fond, la formation a aussi le temps de la prise de conscience comme on le lit dans le regard de Camara Ladji.

La régularisation des formations, axe majeur du projet Un Pas Vers l’Avant, est salutaire pour relance du mouvement chorégraphique. Les danseurs et chorégraphes l’ont compris. Résultat : ils se sont approprié le projet. Leur engouement toujours grandissant pour le festival est révélateur. Cette année, ils étaient plus d’une cinquantaine à postuler pour le stage de formation. 35 auront eu la chance au bout d’un processus de sélection où le choix a été « difficile », reconnait Ange Aoussou. « Notre souhait est de permettre à tous les danseurs de bénéficier de ce stage. Cependant, nous devons faire avec l’exigence d’un nombre raisonnable pour faciliter la qualité de l’enseignement et aussi avec la limitation de nos moyens. Pour les années à venir, la sélection sera encore rigoureuse pour retenir vraiment ceux qui montrent des signes d’évolution et qui créent quelque chose. C’est l’exigence de la professionnalisation », annonce la directrice du festival UPVA.

Depuis 2012 , des initiatives se tiennent pour repositionner la danse ivoirienne et redonner de l’espoir aux acteurs. Particulièrement, ce projet Un Pas Vers l’Avant agit aujourd’hui comme un catalyseur d’énergie. Il apporte une dynamique nouvelle et ouvre des perspectives aux des danseurs et chorégraphes. Le festival organisé par la compagnie Ange Aoussou a participé à révéler des talents et à relancer d’autres. Sanga Ouattara et Noah Konan de la compagnie Yefihmoa sont actuellement en pleine bourre. Les deux jeunes gens ont commencé à tourner, sollicités qu’ils sont à des festivals sur le continent. Ils symbolisent aujourd’hui le renouveau de la nouvelle génération (qui s’active) des danseurs ivoiriens. Découragé de la tournure des événements au plus fort de la crise, Mathieu Konan avait abandonné. Depuis l’an passé, suite à sa participation au festival, il a repris goût à la création ; aux contacts d’un nouvel esprit et des opportunités qui se sont offertes à lui. Mathieu Konan vient aujourd’hui de créer sa la compagnie Karfou et une pièce, « Le chemin ». Comme quoi il a repris du service. Autre exemple  palpable : Camara Ladji de la compagnie Lesg’art. Cette 4ème édition de « Un Pas Vers l’Avant » a été pour lui comme un déclic. « J’avais perdu espoir, franchement. Mais ce festival viens de me rouvrir les yeux. Je me rends compte que j’ai perdu du temps ! Aujourd’hui, j’ai envie de soulever des montagnes, rigole-t-il. Non, sérieusement, quand vous avez la chance de travailler avec Salia Sanou comme ça été le cas pour nous, c’est une aubaine. J’ai beaucoup appris et je vais m’investir maintenant à fond pour franchir d’autres paliers… » témoigne le danseur du réservoir Momboye, qui avec sa troupe a d’ailleurs présenté une pièce bien inspirée, « Balle au pied », le jeudi 10 septembre à l’Institut Français au Plateau.

Cours danse contemporaine
Dans les discussions, Ange Aoussou, directrice du festival Un Pas Vers l’Avant fait corps avec les apprenants

Si le festival fait un pas vers l’avant d’année en année, c’est aussi grâce au soutiens de partenaires stratégiques qui ont mis leur foi en ce projet. Et qui apporte un appui fondamental à Ange Aoussou et son équipe. Oui, les soutiens institutionnels sont aussi de retour. Les soutiens surtout privés. Ainsi, le Goethe-Institut, l’Institut français d’Abidjan et sa centrale de Paris, les Ambassades d’Allemagne et de France, la Fondation Prince Claus apportent des soutiens financiers et logistique à l’organisation. D’autres comme structure comme Lucky Dance Theatre en Afrique du Sud ou le Cnac (département du ministère ivoirien de la Culture) ont apporte , eux, des appuis humains et matériels qui ont compté beaucoup pour la réussite de l’événement en 2015. Sans oublier le soutien du Pr Yacouba Konaté, DG du Masa, qui garde un œil sur le festival. Cette somme d’apport aura permis de réussir encore cette rencontre chorégraphique qui a rassemblé 10 pays d’Afrique et d’Europe.

En 2016, le festival sera à sa 5ème édition. Ce sera un tournant décisif où la manifestation devrait, comme un avion après son décollage doit se stabiliser. Pour l’initiatrice qui a reçu le satisfecit de la part de ses partenaires, la pression est grande parce que l’événement gagne en notoriété et donc qu’il va falloir rehausser le niveau de l’organisation. « Cette édition pour moi a été l’édition de la confiance. Ce projet que nous portons a été vraiment adopté par notre cible c’est-à-dire les danseurs et acteurs de la danse contemporaine en Côte d’Ivoire. Chaque année, je constate qu’ils avancent. Cela fait vraiment plaisir de pouvoir les aider à progresser. J’espère qu’ils vont pousser loin , qu’ils vont continuer à développer tout ce qu’ils reçoivent des chorégraphes qui viennent les outiller. Nous n’avons pas totalement atteint nos objectifs avec ce festival, mais avec tous les retours que nous avons, on se dit qu’on est sur la bonne voie. », se réjouit la danseuse chorégraphe ivoirienne basée en Allemagne.

« Les perspectives sont bonnes. Nous n’allons pas vous dévoiler qui sera le formateur principal l’an prochain. Mais retenez cependant que ce sera une personne ressource en danse de création africaine et je peux vous garantir que les danseurs seront encore très satisfait de ce qu’il leur apportera », conclut Ange Aoussou. Pour sa 5ème saison l’an prochain, Un Pas Vers l’Avant fera certainement le pas de géant.

Harding M’Bra

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