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Ernesto DJEDJE : Où en est le Ziglibity 36 ans après la mort de son créateur ?

Le Dimanche 9 Juin 2019 dernier, cela faisait exactement 36 ans qu’Ernesto Djédjé nous a quittés en nous laissant un fabuleux héritage qui, malheureusement, est négligé de nos jours : LE ZIGLIBITY.

Ce style musical que l’enfant de Tahiraguhé a créé en s’inspirant des rythmes de musiques traditionnelles de l’ouest de la Côte d’Ivoire que sont le Tohourou (pour son discours lyrique), le Digba (pour sa rythmique) et le Glè (pour sa gestuelle).

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On se rappelle qu’au lendemain de sa mort, deux artistes de sa mouvance s’etaient proclamés les héritiers du roi du Ziglibithy : son cousin Séhia Luckson PADAUD, et Blissi TEBIL.

Mais le premier Luckson Padaud a été mal inspiré dans sa stratégie de communication en voulant, par opportunisme, surfer sur la mode du moment.

En effet en cette fin de la décennie 80, un autre rythme musical majeur, venu de l’Afrique Centrale, le Makossa, était eu sommet des hits parades.

Ainsi, l’hériter naturel d’Ernesto Djédjé délaisse le Ziglibity pour lancer le Ziglibithy-Makossa. Mal lui en prit. Les Ivoiriens rejettent son idée, il sombre quelque temps avant de refaire surface avec le « Lababa ».

Blissi Tébil, quant à lui, ne tiendra pas la route non plus. A l’orée du multipartisme en Côte d’Ivoire, il s’est engagé dans les chansons de propagande, qui lui ont valu d’être censuré sur les ondes des médias publics. Il abandonné alors le Ziglibity et lutte pour sa survie artistique.

Avec la débâcle de Luckson Padau et Blissi Tébil, les mélomanes amateurs du Ziglibity voient en Johnny DEDI LA FLEUR le messie capable sauver la maison Zigliblity. Il n’était pas pressenti comme héritier mais était le seul de sa giration qui dansait parfaitement le rythme laissé par le maître. Malheureusement, il n’avait pas le discours lyrique du Tohourou qui fait partie des fondamentaux du Ziglibithy. Il s’était mué dans un rôle d’amuseur de la galerie. Ces échecs ont été vécus comme une seconde mort d’Ernesto Djédjé.

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Ainsi, 36 ans après la mort de son créateur, le Zyglibity reste l’incarnation de la belle époque de la musique Ivoirienne des année 80 mais n’a pas été renouvelé ni poursuivi.

Cependant, certains artistes de la nouvelle génération qui ont été bercés par Ernesto Djédjé ont décidé de ne pas faire oublier ce rythme. C’est le cas du Groupe Zouglou « Les Garagistes ». Sur leur album « La Bonne Note », ils ont repris la chanson PEWOU GNAKPA d’Ernesto Djédjé.

Cette chanson, à la base, était une slow. Les Garagistes ont eu la belle inspiration de l’interpréter en Ziglybity.

« ERNESTO DJÉDJÉ fut un artiste talentueux. Je dirais, le meilleur de sa génération. Il n’est pas normal qu’une personne de cette trempe soit si vite oubliée après sa disparition. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de lui faire un clin d’œil après la guerre des supposés héritiers », déclare l’artiste Guet Omer (ancien Choriste des Frère Séhia de Luckson Padaud) qui a repris certains titres d’Ernesto Djédjé dans sa dernière production.

Loin de lui l’idée de reprendre le Flambeau laissé par ses héritiers. Il ne pense pas qu’il ait la capacité et le talent d’Ernesto Djédjé, mais croit devoir essayet autant que que faire se peut, de reprendre les chansons du Maître qui l’ont touché.

Cette flamme, une artiste s’en croit également touchée : Fabriss ATITOH. La coqueluche de la musique ivoirienne a décidé de rendre hommage elle aussi à Ernesto Djédje en faisant le Ziglibithy à travers son titre « Mama Africa » de son nouvel album.

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« Je suis une danseuse a la base et chez moi en pays bété, on s’abaisse pour danser. Or, la particularité de Djédjé était de danser debout. Cela me fascinait. J’AI donc décidé de lui rendre hommage », explique Fabriss ATITOH. Et de compléter qu’elle fera désormais au moins un titre Ziglibithy sur chacune de ses productions, pour ne pas laisser mourir ce rythme.

« Si pour cela, on me considère comme héritière du Ziglibithy, je vais l’assumer », conclut Fabriss ATITOH.

On peut donc dire que 36 ans après sa mort, Ernesto Djédjé vivra toujours grâce à ces artistes qui ont décider de lui rendre hommage en reprenant son rythme.
Un artiste né meurt jamais.

Hayden Tchétché à paris
Hayden_tchetche@abidjanshow.com

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