Nouvelle-Zélande: du sexisme envers la chef de l’opposition

Depuis lundi, la Nouvelle-Zélande a une nouvelle chef de l’opposition : Jacinda Ardern. Cette jeune femme de 37 ans a été désignée à la  tête du Parti travailliste de centre-gauche, après la démission de son prédécesseur, moins de deux mois avant les élections législatives. Mais ce n’est pas ce sujet éminemment politique qui passionne le pays : plutôt les questions répétées posées par les journalistes à Jacinda Ardern sur son désir d’avoir oui ou non des enfants.

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Jacinda Ardern lors d’une conférence de presse en compagnie des membres de son parti, à Wellington, le 1er août 2017.R

« Ces questions sont sexistes et stupides ». « Le Premier ministre Bill English a six enfants, et tout le monde s’en fiche ». « Tu ne commentes pas un match de cricket, là, Toto… ». Petit florilège des réactions à la question posée ce mercredi matin par le journaliste de télévision Mark Richardson.  « Si vous dirigez une compagnie vous avez besoin de savoir ce genre de choses quand vous employez une femme. La question, c’est de savoir si c’est OK pour un Premier ministre de prendre un congé maternité ».

Mardi soir, Jacinda Ardern avait déjà répondu bien poliment au même genre de questions, tout en restant assez vague. Mais mercredi matin, Mark Richardson l’a sommée de répondre, et elle ne l’a pas raté. « Moi, ce genre de questions ne me dérangent pas, parce que j’ai décidé d’être ouverte sur ce sujet. Mais pour ce qui est des autres femmes, il est totalement inacceptable en 2017 de dire qu’elles doivent répondre à cette question à leur travail. C’est inacceptable, inacceptable. Il appartient aux femmes de décider quand elles veulent avoir des enfants. Cela ne doit pas avoir d’influence sur le fait qu’elles soient engagées ou pas. »

Beaucoup de journalistes et de politiques, jusqu’au Premier ministre, ont soutenu Jacinda Ardern. Reste à savoir s’il en est de même pour le reste de la population, et si un éventuel mouvement de sympathie pourrait retourner la situation de son parti, qui la semaine dernière était crédité de son plus bas niveau d’opinions positives depuis 20 ans.

Rfi.fr