ONU: nouvelles sanctions contre la Corée du Nord en perspective

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni ce lundi à New York pour tenter de trouver une issue à la crise nord-coréenne. Les diplomates ont unanimement condamné le sixième essai nucléaire de Pyongyang et appelé à voter de nouvelles sanctions dès la semaine prochaine. Les Américains semblent donc toujours vouloir privilégier la voie diplomatique.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

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L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley , lors de la réunion du Conseil de sécurité sur
la Corée du Nord, le 4 septembre 2017.

Il faut aller vite et cesser les «  demi-mesures » a plaidé l’ambassadrice américaine Nikki Haley. Mais Washington, après les propos bellicistes de Donald Trump qui avait promis le feu et la fureur en cas de nouvelles provocations par Pyongyang, a semblé vouloir privilégier devant l’ONU l’approche diplomatique : « Le temps des demi-mesures prises par ce Conseil de sécurité est terminé. Le temps est venu d’épuiser tous nos moyens diplomatiques avant qu’il ne soit trop tard. Nous devons maintenant adopter les mesures les plus fortes possibles ».

Parmi ces mesures qui pourraient être votées dés lundi prochain, on évoque un possible embargo sur le pétrole, des sanctions visant le secteur du tourisme, du textile et des travailleurs étrangers nord-coréens.

Les Européens soutiennent l’initiative américaine, explique Francois Delattre, l’ambassadeur français : « En quelques mois, la menace a changé de dimension, même de nature. Elle est mondiale, elle est immédiate, elle est existentielle. Dans ce contexte, la faiblesse ou les tergiversations ne sont pas une option. »

 

Les Américains veulent négocier cette semaine un huitième train de sanctions pour un vote lundi prochain. L’ONU avait déjà adopté le 5 août dernier, des sanctions économiques privant Pyongyang d’un milliard de dollars de revenus en interdisant les exportations sur le charbon, les minerais et les produits de la pêche.

La question est donc maintenant de savoir comment aller plus loin. On sait les Américains favorables à un embargo sur le pétrole, ce que les Chinois ont toujours rejeté de peur d’un effondrement du régime. Les Occidentaux ont quant à eux insisté sur des sanctions économiques et sectorielles sans apporter plus de précisions. Les Russes se sont toutefois montrés très sceptiques sur l’opportunité de nouvelles sanctions dont l’impact s’est révélé jusqu’à présent très limité.

Pékin en tant que principal allié de Pyongyang est donc sous forte pression. L’ambassadeur chinois a réitéré sa proposition d’un gel des manoeuvres américano-sud-coréennes contre une suspension des programmes d’armement nord-coréens. Une proposition que l’ambassadrice américaine a très violemment rejetée la qualifiant d’« insultante ».

La Chine n’a donc d’autres choix que de négocier, mais la portée des nouvelles sanctions témoignera du sérieux de Pékin à mettre un coup d’arrêt au programme nucléaire nord-coréen.

Rfi.fr