Ouragan Maria: en Guadeloupe, le secteur de la banane totalement ravagé

En Guadeloupe, le secteur de la banane au plus mal après le passage de l’ouragan Maria. Sur l’île, 100% des plantations ont été détruites. Les producteurs sont sous le choc. Il faudra au moins deux ans pour que la filière se remette, et l’inquiétude est manifeste.

Avec notre envoyé spécial à Goyave,  Pierre Olivier

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Une bananeraie portoricaine complètement soufflée. On constate de semblables désolations partout sur l’île
de la Guadeloupe, après le passage de Maria, le 20 septembre 2017.

A perte de vue, des bananiers couchés par terre. Sur son pick-up, brinquebalé par les arbres au sol, Jean-Louis parcourt les 18 hectares de son exploitation.

Avant Maria, ses bananes étaient presque arrivées à maturité : « Je n’ai pas encore récolté les régimes. Cela a pris neuf mois pour la mise en terre, la mise en plantation. Donc il faut replanter et repartir encore sur neuf mois. » Neuf mois de jachère, puis à nouveau neuf mois pour que les bananes repoussent. En tout, c’est plus d’un an et demi de perdu.

David est exploitant. Il exporte 99% de sa production vers l’Europe. Il craint de perdre sa place sur ce marché pourtant vital : « Etre absent, cela veut dire que les autres prennent votre place. Et quand vous avez pris la place pendant deux ans, des habitudes de consommation s’installent. Et il y aura un gros travail de reconquête de nos consommateurs de prédilection, de revenir avec cette marchandise sur le marché mondial où on va être confrontés à la banane africaine par exemple. Et ça va être ça le gros enjeu. C’est le fruit de la vente qui nous permet de vivre, pas la banane en elle-même, il faut la vendre. »

Des aides d’urgence

Jusqu’au passage de Maria, la Guadeloupe exportait chaque année 75 000 tonnes de bananes. La ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, a décrété l’état de catastrophe naturelle pour venir en aide aux producteurs. A Basse-Terre, elle a détaillé le plan de soutien mis en place par le gouvernement pour venir en aides aux sinistrés.

« Ce qu’ils demandent aujourd’hui, c’est que la vie reprenne très vite. On a deux questions principales. La première, c’est l’électricité. La deuxième, c’est l’eau, et l’eau dépend beaucoup effectivement du réseau électrique. Ce sont les urgences auxquelles nous devons répondre. Ensuite, il y a la question de la rentrée des classes. Moi, je souhaite que dès lundi, on puisse accueillir, à nouveau, dans les écoles les enfants de la Guadeloupe. C’est important de redonner ce signal de reprise. Puis il y a l’accompagnement du milieu économique, avec le milieu économique touristique qui se fait du souci par rapport aux plages. J’ai aussi indiqué qu’il y a une centaine d’hommes, une centaine de militaires supplémentaires qui viendront aux côtés des communes en difficulté, pour intervenir sur le terrain. On a mis en place aussi pour les victimes de Maria, une aide financière d’urgence qui varie entre 300 et 500 euros pour ceux qui ont tout perdu et qui ont besoin immédiatement d’un soutien. »

Rfi.fr