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Interview José Da Sylva : Un amour fou pour son pays et sa culture

Quiconque a eu la chance de visiter la ville de Praia, Cap-Vert ou de s’intéresser à la musique lusophone le sait : José Da Sylva est un nom connu de tous. Ex-musicien, puis manager de Feu Cesaria Evora, l’homme est un amoureux de sa culture et de la tradition créole. Un amour qu’il manifeste à travers l’organisation du Kriol Jazz Festival de Praia, une fête qui regroupe de grands noms de la musique. Nous l’avons rencontré. Interview

Salut José Da Sylva ?

Salut à vous. Heureux de vous voir à Praia.

Merci. Comment on se sent lorsque l’on organise ce genre de grande fête ?

On se sent bien. Tout est une affaire de passion et d’amour pour la culture. Après, il y a un stress et une forte envie de faire plaisir à ses frères et amis.

Pour parler de passion, l’on a constaté une forte présence d’artistes lusophones à cet festival. Quel est le thème de cette édition ?

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Sans le faire exprès, ce thème est très lusophone. On convie plein d’artistes mais on constate au final qu’il y a plein de lusophones parce qu’il y a une création totalement lusophone. Il n’y a que des artistes lusophones qui se rencontrent pour un show qu’on appelle Alma lusa (âme lusophone) on a pas mal de Brésiliens et à cela s’ajoutent des jazzmen. L’Afrique est représentée par les Lusophones, Guinée-Bissau, Angola, Mozambique, Cap-Vert. C’est une année très lusophone.

10 ans déjà que vous célébrez la culture africaine. Quel bilan faites-vous des éditions précédentes ?

Le bilan est très bon car on est parti de très bas. Quand j’ai annoncé ce festival la première année, personne n’y a cru. On m’a dit que j’étais fou et que ça ne marcherait pas. Ça n’a pas été formidable la première année, mais il y a eu des améliorations par la suite. Le Festival a maintenant un nom international. On reçoit pas mal d’étrangers et on continue de faire bien.

Le festival a maintenant un nom international, et les festivaliers vont devenir un peu plus exigeants. Que proposez-vous comme innovations pour cette année ?

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Cette édition commence avec deux créations (il y avait une création précédemment) où on permet aux artistes de se rencontrer pour un show différent qui sera unique. Cette année, on fera une rencontre. L’île de la Réunion- Cap Vert, deux îles, deux styles de musique différentes, qui vont se rencontrer et travailler et il y a cette création lusophone où les artistes vont se rencontrer pour un show. Ce n’est pas facile. On espère amener ces créations encore plus loin. Peut-être qu’on invitera d’autres artistes de l’Afrique de l’Ouest à venir prester à Praia

Parlant d’artistes. Nous avons constaté plusieurs artistes de renom à ce festival. Est-ce facile de les coopter ?

Ce n’est pas facile. Mais la crédibilité et le succès du festival font que les gens nous font confiance et viennent. Après, j’ai 30 ans d’expérience, je connais pas mal d’artistes, et donc certains viennent par amitié. D’autres par contre viennent parce qu’ils veulent découvrir le Cap Vert où il fait bon vivre. Tout ça fait qu’on y arrive.

Pour ce festival, le quartier du Plateau a été transformé en un lieu de fête. Pourquoi le choix du Plateau ?

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Le plateau n’avait pas de vie. C’est le centre des affaires. Les gens venaient travailler et le soir le quartier était vide.

Mais il y 11 ans, un ancien maire de Praia, devenu aujourd’hui Premier ministre du Cap Vert y voulut faire quelque chose. Je lui ai alors proposé le projet du Kriol Jazz Festival et aussi l’Atlantique Music Expo. Avec donc tout ça, il a créé une dynamique à ce centre qui est formidable et joli, parce que ce sont des maisons coloniales avec des rues formidables. Et cela a ramené de la vie au Plateau.

Quelle est la réaction des habitants de ce quartier administratif de l’île de Santiago ?

Les habitants sont heureux car on a valorisé leurs maisons. Ils veulent faire partie de la musique. Ils vivent bien. Les commerçants encore plus.

Pour revenir sur les artistes. Combien d’artistes avez-vous coopté pour cette édition ?

14 artistes, à peu près, sont là, mais il y a pas mal de gens autour : Ingénieurs, techniciens, etc…

Quand on parle de jazz, on parle de gens qui ont une certaine connaissance de la musique et qui aiment la bonne musique. Le Festival a-t-il été créé pour tous cet élite ?

Au pays, on a plusieurs festivals mais ce sont des musiques de fête. Les gens ne sont pas assis pour écouter de grands musiciens mais des musiques de fête. Le Kriol Jazz Festival a été créé pour ces gens qui ont soif d’écouter la bonne musique ; la musique différente.

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On imagine que c’est très coûteux de déplacer tout ce monde à Praia. Bénéficiez-vous d’une aide de l’Etat du Cap-Vert ?

Oui ! On a l’aide de la mairie qui finance 50 % du budget. Le gouvernement nous a aidés cette année. Mais d’habitude, ce sont les sponsors privés et la vente des billets qui constituent le budget.

Un message particulier à adresser à nos lecteurs et aux personnes qui souhaitent participer à la fête les années à venir ?

J’invite tout le monde à venir la semaine où il y a l’Atlantique Musique Expo et le Kriol Jazz Festival. C’est fantastique. On découvre diverses musiques africaines, européennes et autres. Cela, avec une quarantaine de concerts. Ceux qui aiment la musique vont vivre une semaine extraordinaire.

KOKOA Stephane Coll Joe Midelli à Praia, Cap-Vert

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