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Interview avec Yanik Jones : « C’est grâce à Arafat DJ qu’on accordait un intérêt à la Côte d’Ivoire »

Il fait partie désormais des jeunes faiseurs de Rap et de trap Ivoiriens. Déjà gamin, il savait ce qu’il voulait faire comme métier. Son amour pour la musique l’a conduit naturellement vers les personnes qu’il fallait. Aujourd’hui Yanik Jones (YJ) est à Abidjan pour la promotion de son maxi single intitulé « Yé fait ça pian », un titre complètement dans l’argot ivoirien dans lequel il véhicule son message à la jeunesse à qui il demande de ne pas se limiter.

C’est avec un grand plaisir que Abidjanshow.com (ABS) l’a reçu dans ses locaux pour une entrevue.

Entretien…

ABS : Bonjour Yanik Jones, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

YJ : Bonjour, je suis Yanick à l’état-civil, je suis Ivoirien, j’ai 27 ans, je suis né en Côte d’Ivoire à Cocody, mais je suis allé très jeune à Londres (à l’âge de 9ans) où je vis présentement. Ça fait exactement 9 ans que je fais le Rap (je rappe en anglais) et le rap ivoire depuis janvier 2019. Je suis célibataire mais père de deux filles.

ABS : A Londres, tu y étais allé dans quel cadre ?

YJ : J’y étais d’abord pour mes études, étant jeune, mais par la suite pour y résider. En réalité, c’était pour être en famille. Mon père s’y étant installé plutôt, je l’ai rejoint dans le cadre du regroupement familial.

ABS : Pourquoi le choix de la musique comme carrière ?

YJ : En réalité, je n’ai pas choisi la musique, mais c’est elle qui m’a choisi (RIRES). Franchement, je ne sais pas quand est-ce que j’ai choisi la musique. Professionnellement, j’ai juste décidé qu’en fin 2018, j’allais faire la musique quel que soit ce qui arrivera, vu que c’est ce que j’ai choisi. Cela peut être une passion à côté de tout ce que je fais déjà. Et heureusement pour moi, lorsque je m’y suis mis à fond, cela a donné quelque chose de super.

ABS : Alors, si on comprend bien, le choix de la musique comme carrière date de 2018 ?

YJ : Oui, c’est en 2018, que j’ai décidé de mettre le paquet. Déjà, je suis rentré dans un studio très jeune, je crois que je n’avais même pas encore 18ans. C’était le studio d’un ami qui était également à Londres. On enregistrait plusieurs sons mais je n’étais pas à 100% de mes moyens. C’est fin 2018 que j’ai décidé de tout lancer en même temps (parlant de son, vidéo…).

ABS : Que faisais-tu avant de te lancer pour de vrai dans l’univers musical en 2018 ?

YJ : J’ai étudié la Communication dans une université en périphérie de Londres. Mais peu motivé à travailler dans la communication à la fin de mes études, j’ai fait d’autres activités. Mais juste avant de me mettre à fond dans la musique, je faisais de la musique (Rires).

ABS : C’était quoi, ton niveau d’étude avant d’arrêter les cours de communication ?

YJ : Je suis diplômé d’un Bachelor en communication (une Licence).

ABS : Qui t’a inspiré dans le choix musical ?

YJ : Pas mal de personnes m’ont inspiré. Tout a débuté à la maison avec les sons que mes parents écoutaient. Ma mère par exemple écoutait un peu de tout (Aïcha Koné, Nayanka Bell, …) et mon père, lui, était plus reggae (Alpha Blondy, Bob Marley). Et lorsque je me suis rendu à Londres, cela a continué avec Bob Marley. Mais c’est mon père qui m’a introduit dans le Rap sans le savoir. Parce qu’arrivé à Londres, il avait dans ses bagages des CD de rap (de Tupac et d’Eminem). Je dirais que c’est là que tout a commencé. Ils m’ont vraiment influencé, ces deux-là. Et ici, c’était Alpha Blondy, Ticken Jah et plein d’autres artistes. Parce moi, j’aime la musique en général.

ABS : Revenons à « Yé fais ça pian ». Quel message veux-tu véhiculer à travers ce single ?

YJ : « Yé fais ça pian », vise à motiver la jeunesse à ne pas se limiter. Dans le refrain qui est « Yé fais ça pian », si on t’avait dit que tu ne pourrais réussir dans telle ou telle chose, il faut le faire pian (il faut le faire mordicus, sans tenir compte de toutes les critiques, ndlr), jusqu’à ce que tu y arrives. Si par exemple, ta mère voulait que tu sois médecin mais toi tu as la passion du football, « fais ça pian » et fais-le jusqu’à ce que tu y rencontres le succès. En un mot, vas jusqu’au bout de tes rêves.

ABS : Vu sous cet angle, c’est intéressant, mais il y a une petite partie dans le son qui dérange un peu : « Si ta maman te dit de ne pas fumer, fais ça pian » ; que voulais-tu exprimer par là ?

YJ : (Rires) Les enfants, ne fumez pas. Si maman vous interdit de le faire, ne le faites pas. Écoutez maman, moi j’ai écouté ma mère jusqu’à ce que je sois mature et grand pour m’occuper de moi-même et m’occuper de ma famille. Il faut toujours vous assurer d’avoir fait des choses bien, comme par exemple prendre les études au sérieux, se trouver un boulot, c’est-à-dire s’assumer et ne dépendre de personne. Ne prenez pas l’argent de maman pour aller fumer. Et même avant de prendre son argent, demandez le lui et assurez-vous qu’elle n’en manquera pas par la suite.

ABS : Present aujourd’hui à Abidjan, pour la promotion de ce single, comment comptes-tu t’y prendre ?

YJ : On a déjà commencé à travailler sur les réseaux sociaux et je vois ça déjà passer sur les chaînes de télévision, sur des radios également. Mais pour moi, ce qui est important, c’est de trouver un moyen et le temps d’être vraiment présent ici (parlant de son pays), afin que les gens puissent me voir. En plus de la télé, je veux être également très proche de mon public par les autres canaux et aussi discuter avec mes fans si possible, pour ne pas qu’ils se demandent quel est ce gars qui vient d’arriver et veut s’imposer. C’est important.

ABS : Comment s’est passée ta signature avec le label Universal, quand on sait qu’il signe généralement avec des artistes de renom ?

YJ : Pour commencer, je pense qu’ils sont très intelligents, parce qu’il ont très vite vu mon talent (rire). Depuis qu’on discute, ça n’a rien à avoir avec le fait d’être connu ou pas. On est parti sur la base purement du talent. C’est-à-dire, « on aime bien ce que tu fais, tu as du talent. Et c’est ce talent qu’on veut mettre en lumière ». Ça n’a vraiment à avoir avec le nombre de followers que tu as.

ABS : Tu as eu à faire une collaboration avec Easty. Comment cela s’est-il passé ?

YJ : Easty, c’est d’abord un ami à moi. Il est aussi le copropriétaire du studio où j’enregistre mes sons. Ça s’est donc passé tout naturellement. Par rapport à ce que je fais, qui est du rap ivoire/Trap ivoire (à Londres, tu ne vas pas trouver des personnes qui le fassent, et il y a peu d’Ivoiriens là-bas) et que nous soyons déjà amis a facilité tout cela.

ABS : Ici à Abidjan, envisages-tu des featuring? Et avec qui ?

YJ : En toute franchise, j’ai toujours rêvé de faire un feat avec Daïshi… Tu risques de me faire pleurer (son visage viré à la tristesse). Mais hélas, cette collaboration ne pourra jamais voir le jour. Ça aurait été vraiment intéressant, parce que c’est lui qui nous a influencés. C’est grâce à lui qu’on accordait un intérêt à la Côte d’Ivoire, c’est grâce à lui qu’on essayait de savoir ce quoi s’y passait. Hormis cela, en matière de musique, je n’ai pas de souci, je suis open. Je travaille avec tout le monde.

ABS : Que dirais-tu du groupe Kiff no beat ou autres rappeurs ivoiriens ?

YJ : Eux, ce sont mes potes. Je n’ai même pas besoin de demander un feat, ça va se faire seul. Ce sont mes gars, de sorte que quand on se voit pour l’instant, c’est juste des causeries, la chill (partage de boisson, ndlr) mais je sais que ça va venir.

ABS :Quelles difficultés as-tu rencontrées lorsque tu as voulu faire de la musique une carrière ?

YJ : La seule difficulté que j’ai eu à rencontrer lorsque j’ai voulu me lancer dans la musique, c’était moi-même. Sinon, concernant mes parents, j’ai été moi-même été surpris de leur réaction. Ils ont adopté et accepté ma musique dont le feeling ivoirien était un motif de ressourcement pour eux qui sont loin du pays ou même ceux de mes « frères et sœurs «  Ivoiriens qui ne l’ont jamais connu, étant nés là-bas. Mon père et ma mère n’ont donc pas hésité à me soutenir. Ma mère m’a même dit qu’elle avait toujours su et vu cela en moi.

ABS : On a appris que tu es aussi producteur : est-ce le cas ?

YJ : J’aimerais bien le devenir vu que j’ai fait pas mal de choses. Je sais aussi comment ça fonctionne et j’aimerais dans le futur aider d’autres artistes qui n’ont pas eu l’opportunité que j’ai eu, à se promouvoir et à montrer leur talent.

ABS : Et pour toi, entre chanter et produire, qu’est-ce qui va prendre le dessus ?

YJ : Pour le moment, c’est chanter.

ABS : Selon des informations de certains confrères, tu étais à Abobo pour implanter ta structure de production. Où en es-tu avec ce projet ? Est-il toujours à l’ordre du jour ?

YJ : Pour commencer, je ne suis jamais arrivé à Abobo depuis que j’ai quitté la Côte d’Ivoire et ma structure de production n’est pas que pour Abobo. Mais j’avoue que c’est une idée que tu viens de me donner. Merci, on va penser à ça. En effet, j’ai une structure, mais j’ai voulu la rendre professionnelle et pour l’instant, c’est plus focalisé sur moi-même.

Il n’y a pas d’artiste. C’est un truc plus pour le futur, il faut qu’on fasse Yanik Jones d’abord. Et pour l’heure, je suis à Universal; donc, mon producteur, c’est Universal. Ma compagnie à moi « 44225 » (44 pour le Royaume-Uni et 225 pour la Côte d’Ivoire), est un bébé. Il n’a pas encore grandi, mais il est là.

ABS : Il y a un sujet à polémiques sur lequel on voudrait bien revenir. Il s’agit d’une vidéo faite par toi où tu étais avec le ministre Hamed Bakayoko filmant un moment de  »partage »…

YJ : Je n’aimerais pas en reparler et dire quelque chose déplacée. Pas qu’il y a une vérité que je cache, mais juste pour ça.

ABS : D’accord, on te comprend parfaitement, mais on ne revient pas forcément sur le sujet qui blesse ou qui fâche mais plutôt sur comment ça s’est terminé. Qu’est-ce qui s’est finalement passé avec le ministre ? Et quels sont vos rapports aujourd’hui ?

YJ : Ok, je pense que ça serait mieux si les gens partent regarder la vidéo que j’ai faite, mais je vais quand même en parler ici. En fait, j’ai fait une vidéo dans laquelle je me suis excusé parce que des personnes mal intentionnées avaient pris et utilisé ma vidéo pour transformer en une chose qui n’était pas.

C’est impossible que moi ou quelqu’un dans mon entourage fume quoi que ce soit en présence du ministre, ça c’est impossible. Tout ce que moi je peux dire, c’est qu’il y a eu des gens mal intentionnés qui ont utilisé des « foutages » pour donner des fake news. Ça ne faisait même pas 24h que j’étais à Abidjan et ça s’est tellement vite passé. Mais je présente toutes mes excuses à la population et aussi au ministre d’Etat.

ABS : Mais est-ce que vous êtes toujours en de bons termes ?

YJ : C’est mon papa, c’est mon « vieux père », respect au ministre d’Etat monsieur Hamed Bakayoko.

ABS : T’est-il arrivé de penser à arrêter la musique ? Si oui, pourquoi ? Sinon, qu’est-ce qui te motive ?

YJ : Non, il ne m’est jamais arrivé un seul instant de vouloir arrêter. La musique, c’est ma passion. Je ne sais pas comment ne pas faire la musique, c’est-à-dire même si je ne suis pas au studio, ça se passe aussi dans ma tête. Déjà depuis que je suis petit, il y avait des concerts même qui se passaient dans ma tête (rires), sérieusement, si bien qu’à un certain âge, quand je devais choisir une filière à l’école, j’ai opté pour la communication média. Parce que je pensais depuis tout petit lorsque j’entendais des sons, je visualisais les performances dans ma tête, que je serais réalisateur. Et au fil du temps, j’ai compris que ce n’était pas fait pour moi. Je me voyais plus devant la caméra que derrière.

ABS : Alors, maintenant là tu peux nous donner tes projets à court, moyen et long termes ?

YJ : À court terme, je continue de pousser « Yé fais ça pian », donc continuer de partager pian, et après ça c’est de vous donner plus de musiques, de vous ambiancer, sortir un autre single et pousser des singles et peut-être des albums. Entre temps, faire aussi beaucoup de shows pour ambiancer la nation.

ABS : Ok, comment te vois-tu dans 5 ans ?

YJ : Dans 5 ans, je serai toujours Yanik Jones, même dans 50 ans. (rires)

ABS : Nous sommes au terme de notre entrevue. Ton mot de fin ?

YJ : Depuis mon jeune âge, ce qu’on me dit de ne pas faire, je le fais ça pian ! Je remercie tout le monde de m’avoir écouté et je vous invite à me suivre sur Instagram, Yanik Jones.

ABS : Merci Yanik!

YJ : C’est moi qui vous remercie !

Dylaurette YOUKOU

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