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Tricherie aux examens à grand tirage : l’écrivain Philippe Demanois recommande la coupure des réseaux sociaux

Bientôt les épreuves écrites des examens pédagogiques à grand tirage qui scellent, au ministère de l’éducation, la fin de l’année scolaire.

Si cette période des évaluations qui certifie les compétences acquises et délivré des parchemins à nos braves élèves est très attendue, elle n’en est pas moins l’objet de certaines appréhensions de la part des pédagogues et observateurs critiques de notre système d’enseignement. Et cela, pour un aspect particulier : la question de plus en plus récurrente de la fraude aux examens, phénomène aggravé et rendu industriel par le développement des moyens de communication ultra-rapide que sont l’internet et les réseaux sociaux.

Nos élèves sont devenus des tricheurs invétérés

Interrogé, l’écrivain et pédagogue Philippe Demanois a tenu d’abord à dresser l’état des lieux du phénomène. Et son constat est implacable et inquiétant.

Nos élèves et étudiants, plutôt que d’exercer leur intelligence et leur habileté à l’étude, qui leur remettra de justifier d’un savoir fiable, basé de toute compétence dans la vie, choisissent plutôt de déployer des trésor d:ingéniosité pour tricher, frauder, et s’attribuer, à travers des productions écrites réalisées par procuration et tierce main, des notes factices que ne justifie nullement leur niveau de cancres.

Et cette nouvelle industrie de production de la médiocrité, encouragée par un environnement social de plus en plus permissif, engage dorénavant les moyens de la haute technologie de l’information et de la communication, à travers les réseaux sociaux et l’internet, notamment.

La tricherie électronique, mode d’emploi

Pour Philippe Demanois, les apprenants (méritent-ils encore cette appellation pleine de noblesse ?), dès lors que c’est la note chiffrée qui sert à mesurer leur niveau, ne se donnent plus la peine d’aller à l’essentiel, au primordial que constitue l’apprentissage strict sens, mais préfèrent sauter les étapes pour atteindre leur but final qui est la note, quitte à sacrifier l’objectif même de l’école. On veut coûte que coûte avoir la moyenne pour être déclaré admis.

Ainsi, selon les enquêtes de cet éminent observateur de notre école, toutes les notes obtenues aujourd’hui par nos élèves n’ont aucune once de fiabilité, sont surfaites, artificielles car procédant d’un réseau mafieux de contrebande qui se fait au travers des téléphones portables habilement utilisés par ces potaches sans dignité.

Ainsi, tous les élèves (du moins un très grand nombre), plutôt que s’investir dans l’acquisition des manuels et autres supports didactiques, dans l’étude, l’exercice, les révision, la mémorisation… des cours et la recherche documentaire en bibliothèque ou dans leur environnement, se complaisent dans des abonnements onéreux à des réseaux de tricherie via WhatsApp, Facebook, et autres.
Le mode opératoire ? Il est diabolique simple.

Le réquisitoire de l’écrivain est sans pitié mais lucide. Pour lui, nos chers élèves, que nous nous évertuons à former pour les combats de l’indépendance présente et future, « choisissent les raccourcis », car argumenté-t-il, « À chaque rentrée, payant entre 25000 et 50.000 F, ils se mettent sous le parapluie atomique d’un individu tapi dans l’ombre censé posséder un savoir encyclopédique, naturellement quelque part dans la nature. Une fois que l’exercice est posé au tableau, le chef de fil du mafieux réseau se charge de le contacter le mentor à qui il envoie le libellé ».

Il poursuit, amer : « Celui-ci le traite et en ramène le corrigé sur le réseau WhatsApp où chaque élève récupère tranquillement le résultat qu’il recopie tranquillement sur sa feuille de copie, sans coup férir. Le seul sacrifice qu’il a fait étant de payer son abonnement au réseau WhatsApp criminel ».

Conséquence : le devoir, reflétant à la fois les carences et les lumières du mentor correcteur, est étrangement similaire pour chaque copie, à la virgule près. Même pour les dissertations pour lesquelles l’inspiration et le rendu de la réflexion sont forcément individuels, et uniques, l’on a affaire, dorénavant, à un pathétique copié collé sidérant ! Ainsi, pour ce qui est du français, matière centrale dont la maîtrise conditionne toute réussite scolaire, et la qualité du raisonnement, le tableau est catastrophique, nos élèves présentés comme étant en Terminale n’ayant même pas le niveau du CE2 du temps de « Mamadou et Bineta » » .

Ce douloureux constat, le célèbre essayiste le fait également pour les matières comme les sciences exactes, qui, par leur nature même, ne doivent que produire des esprits de haute précision dans leur appréhension des réalités mesurables du monde. Peut-on imaginer un pilote d’avion, un médecin, un ingénieur des Ponts et Chaussées, un Qualiticien ou un chimiste qui ont passé tout leur temps à tricher de la sorte ? Cela donne froid dans le dos.
Là aussi, les professeurs se désolent de constater que des élèves ayant rendu des copies brillantes, sans reproche, se retrouvent, une fois désignés pour refaire le même exercice au tableau, à balbutie, ayant perdu leur… latin.

Aux examens aussi, la situation n’est pas vraiment différente, cela en dépit des efforts du Ministère à empêcher toute présence de téléphones portables dans les centres de composition. Est-ce possible d’examiner tous les candidats, toutes les candidates dans leur intime anatomie, pour déceler tout instrument de perversion morale ?

Philippe Demanois conclut: « Une chose est sûre, dans le contexte actuel de la dispensation des savoirs et de l’organisation des examens : la tricherie, la fraude électronique sont venues brouiller davantage un tableau pas déjà reluisant.pour diverses autres raisons.

Si nous n’y prenons garde, jouant à l’autruche qui, dit-on, se dissimulé la tête dans le sable pour n’avoir pas à voir le danger de mort qui la guette, c’est, non pas seulement le système de formation et d’évaluation de la jeunesse qui va s’écrouler, mais toute la société, dans ses fondements les plus essentiels, qui se suicidera ».
Et il nous avertit tous :

« Notons-le bien : une société qui ruse avec ses propres principes, dans ce monde hyperconcurrentiel, est voué à retourner, fatalement à l’esclavage. L’enseignement qui est l’un des piliers de notre société, se dégradé du fait de la tricherie généralisée, en particulier la tricherie électronique pour laquelle il suffit déjà de couper les réseaux sociaux et autres pendant les épreuves à venir », soutient l’écrivain Philippe Demanois.

À qui de droit d’examiner la pertinence de cette recommandation.

Arthur K.

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