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Portrait : Roudé Blaise, l’histoire anecdotique du gamin devenu Gbizié Léon (père de Serge Aurier)

Décédé le 2 mars dernier à Daloa, Gbizié Léon représente une grande perte pour le football local ivoirien. L’ex-attaquant ivoirien laisse derrière lui de nombreux enfants, dont le plus célèbre est le défenseur de Tottenham Serge Aurier, ainsi qu’une flopée d’admirateurs. Qui était-il ? Retraçons son histoire.

Gbizié Léon, de son vrai nom Roudé Blaise, naît le dimanche 3 février 1952 dans la commune de Port-Bouët, à Abidjan.

Déjà dès son plus jeune âge, il éprouve une passion ardente pour le ballon rond. Blaise parcourt alors les quartiers de la capitale économique ivoirienne pour taper dans le cuir. Mais c’est sans compter avec l’avis contraire de son père, Roudé Zana Paul, qui refuse carrément de le voir embrasser une carrière dans le sport.

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Quand Roudé Blaise devient Gbizié Léon

Malgré les avertissements de son géniteur, le garçon s’obstine à pratiquer le sport-roi local.

Roudé Zana, voyant l’attitude de son rejeton comme une défiance, entre dans une colère noire et déchiquète son extrait de naissance.

Roudé Blaise se voit alors établir de nouveaux documents grâce à son oncle, Roudé Zadéon Vincent, qui est le frère de son père. Ainsi, Roudé Blaise devient Gbizié Léon.

Début de carrière à l’Asec et rencontre avec Laurent Pokou

En 1969, à l’âge de 17 ans, c’est sous sa nouvelle identité qu’il entame enfin sa carrière professionnelle à l’Asec Mimosas. Chez les Mimos, il rencontre un certain Laurent Pokou, 22 ans, qui, le considérant comme un ‘‘petit frère’’, le prend sous son aile. Ensemble, les deux jeunes hommes remportent la Coupe nationale.

Émergence à Gagnoa

Bien des années plus tard, en 1975, Gbizié quitte l’Asec et s’engage en faveur du Sporting-club de Gagnoa qui le propulse au-devant de la scène nationale. L’attaquant, qui s’est érigé en véritable terreur des surfaces de réparation adverses, a notamment offert le titre de champion de Côte d’Ivoire, en 1976, au Sporting, remportant par ricochet deux autres Coupes nationales avec la formation de la cité du Fromager.

Sur le plan individuel, Roudé Blaise, ou plutôt Gbizié Léon, a terminé deux fois meilleur buteur du championnat de Côte d’Ivoire, et une fois celle de meilleur joueur.

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Fin de carrière au Stella et reconversion

Son aventure avec Gagnoa prend fin en 1979 et le Stella-Club d’Adjamé, avec lequel il épingle à son palmarès, un nouveau titre de champion de Côte d’Ivoire (1980), mais aussi la Coupe d’Afrique de l’Ouest (UFOA) la même année. A l’issue de sa carrière professionnelle, Gbizié Léon devient secrétaire des services judiciaires du Tribunal d’Aboisso. Mais cela ne l’empêche pas d’entraîner des clubs, comme le Ban FC de Danané.

Grave maladie et déboires avec la mère d’Aurier

Sous le poids de l’âge, Gbizié Léon tombe gravement malade. Des problèmes de nerfs lui sont diagnostiqués. Il est partiellement paralysé et devient non-voyant. « Aujourd’hui, je paie tous les coups donnés ou subis dans ma carrière », se lamentait-il.

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Quelques mois avant son décès, l’homme était au centre de l’actualité pour ses supposés déboires avec son fils Serge Aurier, défenseur international ivoirien évoluant aujourd’hui à Tottenham, en Angleterre, et sa mère. Gbizié aurait en effet abandonné Serge et sa génitrice à sa naissance. Furieuse, cette dernière aurait alors décidé de s’installer en France avec son fils. Elle aurait ainsi fait la connaissance de M. Aurier qui donna son nom à Serge. En colère contre Léon, la mère de Serge aurait alors poussé son fils à détester son père. Mais le jeune footballeur, malgré tout, n’a jamais refusé d’assister son paternel durant sa maladie.

Grande perte nationale

Décédé le 2 mars dernier, à Daloa, Gbizié Léon, laisse une veuve, Kuatto Thérèse, et une quinzaine d’enfants. Attaquant de grande classe et joueur de tête exceptionnel, il est considéré, par ses pairs, et ceux qui l’ont connu, comme l’un des joueurs ivoiriens les plus talentueux de sa génération. Son décès est une grande perte pour le football local ivoirien. Adieu, légende !

Joe Midelli

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