«PrEP»: vers un traitement avant infection pour prévenir le sida ?

Le congrès international de recherche contre le sida a lieu en ce moment à Paris. Des chercheurs du monde entier sont réunis pour présenter leurs résultats. En matière de traitements, bien sûr, mais également dans le domaine de la prévention. L’Agence nationale de recherche contre le sida (ANRS) a par exemple révélé les derniers résultats de sa campagne Ipergay, en France, qui vise à mettre au point un nouveau traitement préventif pour les communautés les plus touchées par l’épidémie, comme les homosexuels.

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Obstacle à la généralisation de la PrEP: son coût, estimé à 500 euros par personne par mois, à la charge de la collectivité.

« PrEP », quatre lettres qui sont en train de changer beaucoup de choses. PrEP, pour « prophylaxie pré-exposition ». En clair, traitement avant infection.

Il s’agit d’un moyen de prévention – des pilules – à destination des populations les plus à risque, comme la communauté gay.

Les derniers résultats présentés par Jean-Michel Molina, de l’hôpital Saint-Louis, confirment : « On arrive à plus de 90 % d’efficacité, de l’ordre de celle que procure le préservatif. »

Cependant, à l’inverse du préservatif, la PrEP ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles, les IST. 

Mais selon le professeur Molina, il ne faut pas craindre une flambée de ces dernières pour autant. Au contraire :« Comme on commence à le voir dans certains pays, peut-être que la PrEP va favoriser une diminution des IST », anticipe-t-il.

Et d’expliquer :« La PrEP, il faut mettre l’accent sur la prévention, c’est au contraire s’intéresser de plus près aux IST, car grâce à la PrEP, vous avez effectivement un suivi régulier puisque les gens qui prennent la PrEP doivent venir quand même tous les trois mois à l’hôpital renouveler leur prescription, être à nouveau dépistés pour le VIH, dépistés pour les IST. Donc le fait de suivre des gens à très haut risque va favoriser un meilleur dépistage, un meilleur traitement précoce, une meilleure notification au partenaire. »

Autre obstacle à la généralisation de la PrEP : son coût, estimé à 500 euros par personne par mois, à la charge de la collectivité. Mais là aussi, les choses bougent, puisque le médicament générique devrait être disponible à la fin du mois.

Rfi.fr