La presse britannique raille la nouvelle alliance des conservateurs

Quarante-huit heures après les élections au Royaume-Uni, Theresa May réunira son cabinet ce samedi. La Première ministre, qui a perdu la majorité absolue au Parlement, va tenter de reprendre la main. Elle a d’ores et déjà annoncé la formation d’un nouveau gouvernement pour «—mener à bien le Brexit—». Mais la presse britannique se fait abondamment l’écho ce matin de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les conservateurs.

Avec notre correspondante à LondresMarina Daras

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La Première ministre du Royaume-Uni Theresa May, dans l’attente de résultats qu’elle anticipe moins bons
qu’elle ne l’avait espéré, le 9 juin 2017 à Maidenhead.

Theresa May, qui rêvait d’une victoire incontestable, se voit forcée de s’allier avec le Parti démocrate unioniste nord-irlandais (DUP), si elle veut prétendre retrouver une majorité absolue au Parlement. Cette alliance passe mal auprès des Britanniques qui considèrent le DUP comme un parti d’extrême droite, très eurosceptique, contre le mariage pour tous et contre le droit à l’avortement.

Même les journaux conservateurs se moquent du ridicule de la situation. Le Daily Mirror titre « une coalition de cinglés » en mettant en avant les représentants du DUP connus pour leurs débordements et accès de violence.

Position inconfortable

Le Daily Mail, le Daily Telegraph, ainsi que The Times, tous des journaux de droite, publient un portrait peu flatteur de Theresa May et insistent sur la position très inconfortable voire intenable de la Première ministre qui s’accroche malgré tout pour garder son poste de chef du gouvernement.

C’est donc une humiliation pour Theresa May, ce qui n’a pas échappé au Guardian qui titre ce matin « De l’orgueil à l’humiliation », en rappelant qu’hier la Première ministre a dû présenter ses excuses à ses collègues et députés conservateurs qui ont perdu leur circonscription jeudi soir.


 ■ DUB, mode d’emploi

Avec notre correspondante à LondresMuriel Delcroix

Les Unionistes nord-irlandais se retrouvent les faiseurs de roi, ou plutôt de reine, après une élection qui devait apporter stabilité mais qui s’est terminée avec un Parlement bloqué.

Désormais parti de gouvernement, le Parti unioniste démocrate (DUP) était à l’origine un parti de protestation créé et dirigé par le défunt révérend Ian Paisley, qui personnifiait un unionisme dur face à l’ennemi héréditaire, le Sinn Féin, branche politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA).

Le DUP est connu pour ses opinions tranchées : il s’oppose au mariage homosexuel et milite contre l’avortement qui demeure illégal dans la province. L’un de ses membres a par ailleurs prôné pour que la théorie du créationnisme soit enseignée au même titre que celle sur l’évolution à l’école.

Aux côtés des conservateurs à Westminster, leur principale préoccupation sera le Brexit pour lequel le DUP a voté avec enthousiasme, contrairement au reste des Nord-Irlandais. Et s’ils ne veulent pas le retour d’une frontière physique avec la République d’Irlande, les unionistes vont tâcher d’obtenir que Belfast n’ait pas de statut spécial lors des négociations du Brexit pour empêcher que la province garde un pied dans l’Union européenne

Rfi.fr