Le Tchad et le Qatar sur le point de renouer leurs relations diplomatiques

Après de fortes tensions au cours des derniers mois, le Tchad et le Qatar sont sur le point de renouer leurs relations diplomatiques rompues en août dernier. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés à Doha, ce mardi 20 février. Une déclaration commune est attendue sous peu.

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Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, émir du Qatar à Koweit-City le 5 décembre 2017.

Mahamat Zene Cherif, le ministre tchadien des Affaires étrangères, est à Doha, la capitale du Qatar, où il a déjeuné ce mardi avec son homologue qatari Sheikh Mohamed Bin Abdul Rahman Al-Thani. Au menu des discussions : la reprise des relations entre les deux pays.

Une déclaration commune officielle est attendue sous peu. « Ils vont normalement annoncer la reprise des relations diplomatiques », a révélé à Jeune Afrique une source proche du dossier. Cette normalisation des relations entre les deux pays pourrait aboutir, à terme, à un véritable dégel.

Crise ouverte en août 2017

Après la crise ouverte en juin 2017 entre le Qatar et les alliés de l’Arabie saoudite, le second taxant le premier d’être un « État terroriste », plusieurs pays africains s’étaient alignés sur la position saoudienne. Certains ont très rapidement suivi, à l’image de la Mauritanie et du Sénégal, qui a rappelé son ambassadeur à Doha dès le 7 juin – pour l’y renvoyer finalement le 21 août.

D’autres ont temporisé, avant de finalement emboîter le pas. Ce fut le cas du Tchad, qui a annoncé la fermeture de l’ambassade du Qatar à N’Djamena le 23 août.

Le ministre tchadien des Affaires étrangères de l’époque, Hissein Brahim Taha, avait alors dénoncé l’« implication continue de l’État du Qatar dans les tentatives de déstabilisation du Tchad depuis la Libye », accusant Doha de soutenir la rébellion menée par l’opposant Timan Erdimi – installé à Doha depuis fin 2009 – de l’Union des Forces Républicaines (UFR).

Lors de sa visite en Afrique subsaharienne, fin décembre 2017, l’émir du Qatar Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani avait d’ailleurs pris soin d’éviter le Tchad.

Jeune Afrique