La Turquie menace d’annuler l’accord sur les migrants signé avec la Grèce

Le gouvernement turc est en colère et il le fait savoir : Ankara exige d’Athènes l’extradition de huit soldats accusés d’avoir participé à la tentative de putsch du 15 juillet dernier. La cour suprême grecque a refusé jeudi leur extradition. Une décision « politique », selon les autorités turques, qui menacent désormais de déchirer l’accord sur les migrants conclu avec l’Europe au printemps dernier.

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Les huit militaires turcs, accusés par Ankara d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet, arrivent sous escorte à la Cour suprême, le 26 janvier 2017. La Cour a refusé leur extradition. REUTERS/Alkis Konstantinidis

La Turquie avait déjà menacé l’Europe de rompre l’accord sur les réfugiés si Bruxelles ne levait pas les visas pour ses ressortissants. Ankara a brandi la même arme aujourd’hui, devant le refus, signifié à deux reprises par Athènes de l’extradition de ces huit militaires qui avait fui la Turquie après la tentative de coup d’État.

Pour le pouvoir turc, ces militaires sont des putschistes, un mandat d’arrêt a d’ailleurs été émis contre eux ce vendredi. Pour la Cour suprême grecque, ils sont en danger s’ils rentrent en Turquie et pourraient notamment être victimes de torture. Rien pour améliorer les relations déjà compliquées entre les deux capitales : le chef de la diplomatie turque estime que la Grèce abrite « des traîtres et des terroristes ».

Non seulement Ankara menace de rompre l’accord européen, mais le gouvernement turc promet également désormais de réviser ses relations bilatérales avec le voisin grec.

Alexandre Billette
Rfi